La crise financière qui vient serait plus violente que celle des subprimes

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Et voilà, ce n’est seulement qu’en arrivant au mois de février 2016 que Le Figaro et son équipe « d’économistes » se rend compte de la situation actuelle de l’économie mondiale au bord de l’implosion et des distorsions énormes qui ont été créées depuis 2008 . Une situation qu’un petit média comme le notre avait compris et couvert depuis le début, en se basant sur les analyses de ce qu’on peu nommer les économistes d’avant garde .

Ce n’est qu’en février 2016, au moment où le Monde politico-financier est maintenant unanime sur le constat et les conséquences potentiellement dramatiques des politiques (notamment monétaires) menées ces dernières années, au moment où nous atteignons un point de rupture majeur, que Le Figaro pond enfin un bon papier du début à la fin .

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Ah là vraiment, Bravo ! Si ça c’est pas un média visionnaire !

Le Figaro  :

Dans un contexte de grande instabilité des marchés, Benjamin Masse-Stamberger analyse les risques de retour d’une crise financière mondiale. Et évalue les conséquences qui pourraient en découler pour notre pays.

Souvenons-nous des subprimes. La crise avait débuté en 2007, avec la faillite de deux fonds spéculatifs de la banque américaine Bear Sterns. Du fait de l’évolution de la conjoncture, et du retournement du marché immobilier, de nombreux souscripteurs avaient réclamé, en même temps, à récupérer leurs avoirs. Dans l’incapacité de rembourser, les deux fonds avaient fait faillite. Ce mouvement avait enclenché une crise de confiance, qui avait elle-même fait tanguer les Bourses mondiales, avant d’aboutir, de fil en aiguille, à la plus grande crise financière depuis la Grande Dépression.

Or, c’est justement un phénomène semblable que les observateurs attentifs ont pu noter, en décembre dernier, de l’autre côté de l’Atlantique. Des fonds spéculatifs, comme le New-Yorkais Third Avenue, ou encore Stone Lion, ont dû mettre la clef sous la porte, dans l’incapacité de faire face à des demandes soudaines et massives de retraits de fonds.

Bien sûr, cela pourrait n’être qu’une coïncidence, si les deux événements n’intervenaient dans un contexte extrêmement similaire. D’abord, avec de très fortes tensions sur les marchés financiers, notamment en Chine, où la Bourse tangue depuis plusieurs mois. Ensuite, avec des banques centrales qui ont inondé l’économie mondiale de liquidités, soignant le mal par le mal: si la crise économique s’en est trouvée apaisée, aux Etats-Unis surtout, les germes ont été plantés pour la crise suivante, liée à l’explosion des bulles formées par cet excès d’argent dans le système. Un phénomène – de manière, là encore similaire à 2008 – que l’on observe déjà en partie, avec des fuites de capitaux massives dans certains pays émergents, au risque de déstabiliser leurs économies.

Autre similarité: les déséquilibres de l’économie mondiale, dont le symptôme principal réside dans les difficultés chinoises. L’Empire du Milieu éprouve les plus grandes difficultés à passer d’un modèle fondé sur les exportations d’une industrie à bas coût, à un autre reposant sur la consommation intérieure et les services. Mais l’Occident ne se porte guère mieux: certes, la croissance américaine a redémarré, mais la réindustrialisation est en grande partie un leurre, et c’est bien l’action résolue de la Fed, la Banque Centrale américaine, qui a permis de maintenir à flot l’économie américaine. Quant à l’Europe, si certains pays se portent mieux que d’autres, elle a globalement le plus grand mal à sortir de la situation de déflation où l’empilement des plans d’austérité l’a conduite. Le Vieux Continent, comme les Etats-Unis, est de plus voué à subir les effets du ralentissement chinois, d’autant que Pékin ne cesse de dévaluer sa monnaie, afin d’améliorer sa compétitivité, aux dépens notamment des pays occidentaux. Après 2008, la coopération internationale, via le G20, devait primer. En fait, c’est bien la guerre de tous contre tous qui s’est poursuivie sans répit.

Même constat du côté du secteur financier. La finance devait être réformée et régulée. En fait, les problèmes ont été transférés des grandes banques, désormais effectivement mieux surveillés, vers la finance de l’ombre, elle encore moins régulée que ne l’étaient les grands établissements financiers avant la crise de 2008. Selon le Financial Stability Board, le «shadow banking» représentait fin 2015 80 000 milliards de dollars – soit plus de 50 % des actifs financiers et de 120 % du PIB mondial – contre seulement 50 000 milliards en 2007. Autant dire – dans un contexte d’accélération toujours plus grande des transactions financières – que l’opacité et l’instabilité du système financier n’ont fait que se renforcer.
Tous les ingrédients d’une nouvelle crise sont donc réunis. Bien sûr, les rituels experts nous répéteront que «cette fois c’est différent.» Que la finance est aujourd’hui sous contrôle. Que les banques centrales sont désormais aux aguets. Que l’économie mondiale repose sur des bases plus solides. Seul hic: ce sont les mêmes «experts», qui, en 2007, nous assuraient que l’autorégulation était la panacée universelle, et que l’économie mondiale, grâce au progrès technique, allait voguer indéfiniment sur une mer d’huile. On a vu le résultat

On a d’autant plus de mal à les croire que d’autres, comme le célèbre spéculateur George Soros, qui figurait lui parmi les quelques-uns à avoir prévu la crise de 2008, annonçait fin 2015 que la situation actuelle était très semblable à celle de l’époque. Que, peut-être, il suffirait d’un «cygne noir», ces fameux événements imprévisibles, pour amorcer un véritable mouvement de panique. Le défaut d’un grand pays émergent pourrait être celui-là. Les plus malins, au sein du secteur financier, l’ont évidemment déjà anticipé.

Bien sûr, un tel scénario n’est pas certain à 100 %. Mais, si l’on veut l’éviter, mieux vaut l’envisager franchement, plutôt que se mettre la tête dans le sable, comme cela a été si souvent le cas, en particulier en France. Notre pays, dont le tissu économique et social se remet à peine de la précédente crise, aurait en effet particulièrement à perdre d’une deuxième secousse. Il faudrait alors beaucoup plus que les rituels appels à l’union nationale, et autres symboles de renouveau patriotique, pour éviter qu’il ne se délite complètement.

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